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L'éphémère...suite

En relisant ce que j’écrivais dans mon article précédent sur la beauté de l’éphémère, des voyages et de la calligraphie à l’eau découverte en Chine…

Je me suis rendu compte d’une chose : c’est déjà ce que je fais dans mes massages.

 

En Chine, j’avais été fascinée par un homme qui pratiquait la calligraphie… à l’eau.

Une œuvre magnifique, destinée à disparaître quelques instants plus tard.

Au début, je ne comprenais pas.

Pourquoi créer quelque chose d’aussi beau si c’est pour qu’il disparaisse aussitôt ?

 

Et puis j’ai compris…Toute la beauté était justement là.

Dans le geste.

Dans l’instant.

Dans l’éphémère.

 

Cette nuit, j’ai réalisé que mes massages ressemblent un peu à cela. Ils ne sont jamais totalement identiques.

Ils évoluent avec :

 

      - l’instant

      - la personne

      - l’énergie du moment

 

Au fil des années, mes soins se sont nourris, enrichis de mes voyages, de mes années de kiné, de Bali, de la Thaïlande, de l’Ayurveda en Inde… mais aussi — profondément — des personnes qui viennent me rencontrer pour un soin.

 

Et je crois que c'est ce métissage vivant qui teinte aujourd'hui mes massages sur mesure.

 Une présence.

 Une intuition.

 Des gestes qui se rencontrent, se transforment et s'adaptent.

 

Car chaque séance m’apprend quelque chose.

 

      - Sur le corps.

      - Sur l’humain.

      - Et parfois même… sur moi-même.

 

Comme si nos chemins venaient se faire écho le temps d’un soin. Et je crois que c’est aussi cela qui rend ce métier si vivant. Comme une calligraphie à l’eau.

 

Et peut-être que toute la difficulté de nos vies aujourd'hui... est justement là.

Dans cette vitesse permanente qui nous fait parfois traverser les instants sans réellement les habiter.

 

Quand tout va trop vite...nous percevons moins. Nous ressentons moins.

Ralentir, ce n'est peut-être pas seulement faire moins.

 C'est retrouver assez de présence : 

  • Pour percevoir le vivant.
  • La beauté discrète d'un instant.
  • D'une rencontre.
  • D'un corps qui relâche enfin.

 

Peut-être que l'éphémère n'enlève rien à la beauté des choses.

 Peut-être même qu'il en est la source.

 

Photo : Muraille de Chine, 2009

  

Amandine Germain