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Et si vous étiez plus coupé-e de votre corps que vous ne le pensiez ?

Vous m'entendez souvent parler de reconnexion au corps et de libération émotionnelle.

 

Mais ces mots peuvent parfois rester flous, abstraits ou mal compris.

 

Alors aujourd'hui, j'ai envie de poser des mots simples.

 

Car si la reconnexion au corps est si importante, c'est parce que beaucoup de personnes vivent coupées de leur corps sans même s'en rendre compte.

 

Elles travaillent.

Elles s'occupent de leur famille.

Elles gèrent leur quotidien.

Elles avancent.

Et pourtant, quelque chose semble absent à l'intérieur.

 

Comme si elles vivaient davantage dans leur tête que dans leur corps.

 

Très souvent, lorsque cette reconnexion devient nécessaire, ce n'est pas parce que le corps dysfonctionne...

C'est parce qu'il s'est adapté. Parce qu'un jour, il a trouvé une façon de nous protéger.

 

On appelle cela la dissociation.

 

Et contrairement à ce que l'on pourrait croire, la dissociation n'est ni une faiblesse, ni un problème.

C'est un mécanisme de survie.

 

Lorsque quelque chose a été trop intense, trop douloureux, trop rapide ou trop envahissant, le système nerveux fait ce qu'il sait faire de mieux : il protège.

Et parfois, pour protéger, il coupe progressivement l'accès à certaines sensations.

 

Ce n'est pas : « Je pars. »

 

C'est plutôt : « Je reste, mais je ne sens plus. »

 

La dissociation est l'un des mécanismes de protection :

 

- Discret.

- Silencieux.

- Invisible.

Et elle traverse nos vies bien plus souvent qu'on ne l'imagine.

 

Elle peut prendre des formes très subtiles :

  • être présent physiquement mais absent intérieurement ;
  • sourire automatiquement sans vraiment ressentir ;
  • vivre sans réellement sentir ce qui se passe en soi ;
  • parler de ses émotions sans réellement les ressentir dans son corps ;
  • avoir du mal à identifier ses besoins ;
  • dire oui lorsque quelque chose en nous dit non ;
  • ne plus savoir ce qui est juste pour soi ;
  • se sentir engourdi, coupé ou déconnecté ;
  • ne plus ressentir pleinement la joie, le plaisir, l'élan ou le désir.

 

Le corps baisse le volume pour éviter la douleur. Mais en diminuant celui de la douleur, il diminue parfois aussi celui de la joie, du plaisir, de la vitalité et de l'élan de vie.

 

Et souvent, nous ne réalisons même pas que cela se produit :

- parce que cela fait parfois des années que nous fonctionnons ainsi.

- parce que ce mode de fonctionnement est devenu notre normalité.

 

Le problème n'est donc pas que le corps se protège.

 

Le problème est de rester bloqué dans ce mode de protection alors que le danger n'est plus là.

 

Avec le temps, ce qui était à l'origine une stratégie de survie peut devenir une façon d'habiter le monde.

Une façon d'avancer en étant déconnecté d'une partie de soi-même.

 

C'est souvent à cet endroit que naît l'envie de changement. L'envie de mieux se comprendre. De retrouver davantage de présence. De réapprendre à écouter ce que le corps exprime.

 

Car se reconnecter à son corps ne consiste pas à ressentir plus.

 

Il s'agit souvent de retrouver progressivement un lien avec soi-même.

 

Et c'est là que commence parfois le chemin du retour vers soi.

 

 

Amandine Germain