Aujourd’hui, je suis allée recevoir un massage thaï auprès d’une praticienne thaïlandaise installée tout près de chez moi.
Quand le manque de Thaïlande se fait sentir, j’aime retrouver ce toucher-là : profond, engagé, vivant.
Le massage thaï est souvent plus appuyé que ce que nous connaissons ici en Occident.
Et au début, je sentais ma praticienne presque retenir certains gestes, comme si elle n’osait pas pleinement utiliser ses appuis.
Aujourd’hui, quelque chose avait changé.
Elle a osé aller plus loin dans la pression, dans les étirements, dans la profondeur du toucher… et cela m’a fait un bien fou.
En sortant, cette expérience est venue résonner avec plusieurs échanges récents avec des clientes.
L’une me racontait un massage reçu en Asie avec sa fille, tellement intense qu’elles avaient toutes les deux cru se sentir mal pendant la séance.
Une autre cliente revenue récemment d’Inde m’a également beaucoup fait réfléchir.
Elle voyageait avec sa sœur et sa nièce, qui avaient toutes les deux trouvé les massages très douloureux.
De son côté, elle avait vécu le soin de façon beaucoup plus fluide et agréable.
Et en l’écoutant, j’ai réalisé quelque chose d’intéressant : cela faisait des années qu’elle prenait soin de son corps régulièrement.
Cures en Inde, massages fréquents, soins corporels, entretien physique…
Son corps était déjà habitué au mouvement, au relâchement, aux appuis plus profonds et à cette forme de travail corporel.
Et je crois que cela change énormément la façon de recevoir un massage.
Un corps entretenu régulièrement devient souvent plus souple, plus mobile, plus réceptif.
Il résiste moins.
Il se laisse davantage traverser par le soin.
Parce que oui, bien sûr, tout dépend :
- du praticien,
- de son écoute,
- de sa façon d'adapter ses gestes,
- de notre fatigue,
- de notre niveau de stress,
- d'un manque de sommeil,
- de certaines périodes du cycle chez les femmes,
- de notre sensibilité du moment,
- ou simplement de l'état dans lequel notre corps se trouve ce jour-là.
Mais je crois aussi qu’un massage révèle parfois quelque chose de notre rapport au corps.
Dans beaucoup de pays asiatiques, le massage, les étirements, le travail corporel ou les mobilisations font partie du quotidien depuis longtemps.
Le corps y est souvent davantage entretenu, mobilisé, sollicité ou étiré au fil de la vie.
À l’inverse, beaucoup d’entre nous n’ont pas forcément grandi avec cette culture du corps.
Nous apprenons rarement à entretenir notre mobilité, à écouter les premiers signaux du corps, à récupérer, à nous étirer ou à recevoir régulièrement du toucher.
Très souvent, le corps devient une priorité seulement lorsqu’il commence à faire mal, à fatiguer ou à tirer trop fort.
Et parfois, le massage devient presque le seul moment où le corps reçoit enfin une vraie attention.
Alors forcément, lorsqu’un toucher profond vient rencontrer des zones tendues depuis des années, cela peut être sensible.
Mais sensible ne veut pas toujours dire mauvais.
Parfois, derrière cette intensité, il y a aussi :
- un relâchement,
- une circulation qui revient,
- une respiration plus libre,
- une sensation de légèreté retrouvée.
Le corps parle beaucoup à travers ce qu’il ressent pendant un massage.
Et peut-être qu’au-delà du confort immédiat, certaines séances viennent aussi nous rappeler quelque chose d’essentiel :
- un corps a besoin d’attention régulière,
- de mouvement, d’entretien,
- de récupération
- et de présence pour rester vivant et souple dans le temps.
Tout en douceur,
Amandine Germain
